LIZZY STEWART

C’était il y a plus de 15 ans maintenant, mon intérêt pour l’architecture grandissait jour après jour, on m’a mis ce roman de Perec dans les mains…un petit électrochoc, ma vision de la vie en fût changée, depuis j’ai lu tout l’auteur…il ne me quitte plus !

LEONARD WEISGARD

SOL LINERO

La vie, mode d’emploi, épais roman de six cents pages, augmenté d’annexes – dont un index de soixante-quinze pages – qui défie toute tentative de résumé, compte quatre-vingt-dix-neuf chapitres. Ces chapitres correspondent aux pièces d’un immeuble parisien situé rue Simon-Crubellier : cave, salon, ou chambre de bonnes, chacune d’elles a été témoin d’un drame ou contient des objets ayant une histoire. Ces innombrables mini-romans s’imbriquent comme les pièces d’un puzzle dans l’histoire de Bartlebooth, qui en constitue le cadre. Ce livre se distingue donc par la manière même dont son auteur l’a construit : chaque chapitre traite d’une pièce ou d’un endroit précis de l’immeuble et le décrit de façon méthodique, presque clinique, avec une jubilation de cruciverbiste, « quelque chose comme un souvenir pétrifié, comme un de ces tableaux de Magritte où l’on ne sait pas très bien si c’est la pierre qui est devenue vivante ou si c’est la vie qui s’est momifiée, quelque chose comme une image fixée une fois pour toutes, indélébile ». Comme l’indique la citation de Paul Klee placé en tête du préambule, ici, « l’œil suit les chemins qui lui ont été ménagés dans l’œuvre ». Chaque objet, chaque souvenir attaché à une pièce, chaque personnage considéré à cette même seconde, comme en un instantané, créent autant d’histoires parallèles qui finissent par s’assembler en un puzzle géant.

 …et pour moi le choc de découvrir qu’on vivait finalement toujours les uns imbriqués dans les autres, à l’image de cette vision des maisons de poupées desquelles on aurait retiré la façade !

Sources: Lizzy Stewart, Leonard Weisgard, Sol Linero